Le contraste entre le dojo lumineux et la nuit pluvieuse du flashback est saisissant. Ce vieil homme couvert de sang qui implore, et cet enfant qui pleure... On sent que TAI CHI cache un lourd passé tragique derrière ces arts martiaux. La douleur sur leurs visages est si réelle qu'on a envie de traverser l'écran pour les aider.
Quand le disciple en gris ouvre enfin les yeux après avoir été mis à terre, l'atmosphère change instantanément. Ce n'est plus de la peur, c'est de la rage pure. L'effet visuel du tourbillon d'énergie noire autour de lui dans TAI CHI suggère qu'il vient de débloquer un pouvoir interdit. La vengeance arrive.
Il faut saluer le jeu d'acteur du méchant en tunique blanche. Son mépris quand il regarde la jeune femme par terre est glaçant. Dans TAI CHI, il ne se contente pas de battre, il humilie. Cela rend sa chute future encore plus satisfaisante. On attend juste le moment où il réalisera qu'il a réveillé le mauvais adversaire.
Ce qui frappe dans cette séquence de TAI CHI, c'est la loyauté brisée. Le jeune homme en gris semble prêt à sacrifier sa vie pour protéger la jeune femme. Le voir cracher du sang et s'effondrer crée un lien émotionnel fort avec le spectateur. On sait que ce n'est pas la fin de son histoire, mais le début d'une transformation sombre.
La direction artistique de TAI CHI mérite des éloges. Le passage du dojo traditionnel aux scènes de nuit bleutées crée une ambiance de cauchemar. La pluie, la boue et le sang sur le visage du vieil homme ajoutent une couche de réalisme cru. C'est visuellement magnifique et terriblement angoissant à la fois.